Témoignages

Anne – Enseignante au primaire et préscolaire (maternelle 5 ans)

Ton arrivée au Québec

J’ai fait une licence de géographie à Nantes en France avant de passer le concours pour entrer à l’École supérieure du professorat et de l’éducation (ancien IUFM). Après la première année, j’ai décidé de déménager au Québec.

En arrivant à Montréal, j’ai constaté qu’on pouvait faire une équivalence de ses diplômes et qu’il y avait beaucoup d’offres d’emploi pour les enseignants. Mais comme il fallait un brevet d’enseignement (diplôme québécois, N.D.L.R.) pour pratiquer, j’ai démarché les écoles privées qui sont non subventionnées et qui proposaient plus facilement une tolérance d’engagement, c’est-à-dire qu’elles acceptent de prendre une personne en attendant qu’elle ait l’obtention de son diplôme d’enseignement. Puis, j’ai décidé de m’inscrire à l’université pour faire un bac en éducation préscolaire et enseignement primaire. Cela a été une super belle expérience car j’ai découvert un autre système éducatif; la manière d’enseigner, l’approche, l’écoute des professeurs, beaucoup de cours pratiques, des stages chaque année, etc.

En France, on prépare les étudiants à devenir enseignant en deux ans. Ici, en quatre ans. Le contenu est donc plus approfondi et on apprend beaucoup plus sur les cours en pédagogie. Un autre avantage est qu’on est très bien encadrés à l’université. Les professeurs sont toujours présents et on a régulièrement des travaux à fournir donc il est assez rare d’échouer son examen. En plus, la méthode d’enseignement au Québec et sa pédagogie sont reconnus pour être précurseurs.

L’enseignement québécois est plus basé sur des compétences à développer chez des élèves. On note également des outils pédagogiques novateurs comme la présence de TBI (tableau blanc interactif) dans toutes les écoles et les TIC (technologies de l’information et de la communication) sont assez bien développées.

Ton baccalauréat québécois

Dans mon bac, j’avais 5 cours par semaine soit deux journées complètes à l’université, ce qui veut dire qu’il restait presque deux journées et demie pour faire des suppléances (remplacements en québécois). J’ai donc pu travailler et étudier en même temps. Et comme je me suis inscrite à l’université pour faire un bac en enseignement, j’ai eu le droit de faire des suppléances à la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys.

Financièrement, cela a été très intéressant pour moi, car cela m’a permis de payer mes études. En plus, chaque année devait être complétée par un stage de 6 semaines et pour mon diplôme, je devais en faire un dans chaque cycle : préscolaire, premier cycle (1ère et 2ème soit l’équivalence du CP et CE1), deuxième cycle et troisième cycle. En 4ème année de bac, le stage est plus long, car il dure 3 mois (février, mars, avril). Avec cette formation, j’ai pu toucher à tous les niveaux du primaire.

Enseigner au Québec

Étant donné le contexte de pénurie, il y a beaucoup d’offres pour travailler à temps plein. C’est durant les séances d’affectation qui ont lieu en juin et août qu’on peut voir les postes disponibles. Une permanence s’acquiert après 2 ans d’un contrat régulier.

En France, je sais qu’il est possible de demander un temps de disponibilité et que cela peut être une bonne occasion de venir essayer une nouvelle expérience. Quand on est enseignant en France et qu’on veut venir enseigner au Québec, il faut faire une demande de permis d’enseigner au Ministère. Après évaluation du dossier, il faut suivre 5 cours (un cours de 3 crédits équivaut à 3 heures par semaine). Parfois, les universités offrent aussi la possibilité de faire des cours du soir (entre 18 et 21 h).

Journée type de travail

Le temps de travail d’un enseignant à contrat au primaire est de 32 h. Un élève vient en classe préscolaire et primaire entre 8 et 15 h ou entre 9 h et 16 h. Des services de garde prennent en charge les enfants avant et après les heures d’école. En plus, chaque jour, les élèves ont droit à une période libre consacrée à l’anglais, aux arts plastiques, à la musique, etc. Et c’est un spécialiste de ce domaine qui fait le cours. Cela permet à l’enseignant d’avoir plus de temps dans les classes et de se concentrer sur les matières comme le français, les mathématiques, les sciences ou l’univers social.

On a aussi beaucoup d’aide au sein même de l’école avec la présence des psychoéducateurs, orthophonistes, orthopédagogues ou psychologues scolaires. Il faut aussi savoir qu’à chaque début d’année scolaire, tu montes d’un échelon (ancienneté au sein de la Commission scolaire) et donc ton salaire est révisé.

La suppléance (remplacement)

Un suppléant occasionnel se fait appeler pour remplacer un enseignant et quand il ou elle arrive, il ou elle suit seulement la planification qui a été faite par l’enseignant. Par conséquent, tu animes la vie de classe, tu fais les tâches de surveillance, s’il y en a, et les tâches de correction de la journée. Un suppléant n’a donc pas toutes les responsabilités d’un enseignant. Quand tu es suppléant occasionnel, tu es payé au taux de suppléance. Au bout de 20 jours, tu es rémunéré(e) comme si tu es à contrat mais cela demeure de la suppléance.

Au bout de deux mois, cela se transforme en un contrat et tu as accès à des avantages sociaux. C’est aussi simple que cela. En plus, ce qui est intéressant ici, c’est que la CSMB a reconnu toutes les années d’expérience (universitaires et de remplacement) que j’ai faites en France, donc je ne suis pas partie de zéro dans les échelons salariaux.

L’enseignement au Québec

Le programme de formation de l’école québécoise (PFEQ) est un programme qu’on suit pour enseigner. Il favorise une approche centrée sur l’enfant et ses besoins. On enseigne alors les matières à travers ses intérêts. C’est donc une pédagogie ouverte et coopérative. On met l’emphase sur la littérature jeunesse pour apprendre le français et les manipulations pour apprendre les mathématiques. La compréhension passe beaucoup par la pratique. On travaille l’univers social avec des projets comme des sorties culturelles. À noter aussi que j’ai fait mon stage en préscolaire et le ratio est moins grand (entre 18 et 20 élèves) qu’en France et comme tout est basé sur le jeu, les ateliers et la manipulation, c’est beaucoup plus riche.

On est assez libre dans notre fonctionnement et c’est plus enrichissant pour l’élève. L’approche est aussi plus ludique; on utilise le jeu pour intéresser les élèves et les formations proposées par la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys (CSMB) nous permettent de se développer sur le plan professionnel et d’avoir de nouvelles idées. Enfin, il faut savoir qu’au Québec, le calendrier scolaire prévoit des journées pédagogiques (journées sans élèves, du temps personnel pour faire des corrections et travailler en équipe-cycle avec des collègues du même niveau).

Pierre-Alexis – Enseignant au primaire

Enseignant au primaire, Pierre-Alexis a tout d’abord fait un bac français en génie informatique avant de passer un BTS en maintenance industrielle. Il a alors décidé de venir au Québec pour vivre une nouvelle aventure. En choisissant de faire carrière dans l’enseignement, il a su réutilisé au maximum tout ce qu’il a appris lors de sa formation universitaire dont la modélisation, pour le plus grand plaisir de ses élèves!

Et savez-vous ce qui l’a amené à devenir enseignant?

Ruby – Enseignant en français (langue secondaire dans une classe d’accueil)

En contexte de pénurie, Ruby a eu la chance d’avoir rapidement un travail dans une école près de chez elle. Ce qu’elle aime dans son métier d’enseignante? L’importance des habiletés sociales, l’échange élève-enseignant, vivre ensemble en français, les programme de codage et d’insertion professionnelle.